Les VO chez les concessionnaires : retournement de tendance
Depuis plusieurs années, le marché des véhicules doccasion rencontre de multiples rebondissements. Après le boom des années 2006 2008, cest désormais le calme plat et ce, depuis de longs mois déjà. Si aujourdhui, un certain frémissement de lactivité des transports, la demande de véhicules chez les concessionnaires suit-elle pour autant la même courbe ascendante ? Un vent de reprise sannonce-t-il réellement ? Nous avons demandé lavis des concessionnaires.
Aujourd’hui, si tous les acteurs du marché se veulent prudents quant aux perspectives réelles de relance économique, une légère progression de la demande locale se dessine. En manque de visibilité à long terme, les transporteurs routiers visent davantage la flexibilité et se tournent dès lors plus facilement vers des solutions de location à court terme… et le créneau de l’occasion.
D’autres signaux émis par le marché de l’occasion peuvent également être qualifiés de positifs, confirmés par les propos de Guy Riskin (Riskin, DAF) qui au-delà d’une simple embellie évoque « une tendance soutenue à la hausse (de 1O à 15%) au niveau de la vente des véhicules d’occasions». L’entreprise estime à 6 mois, le temps nécessaire avant de renouer avec la croissance.
Noyau dur
L’essentiel des ventes d’occasions réalisées à l’intérieur des frontières nationales concerne des véhicules de 3 à 4 ans, à faible kilométrage et passés au contrôle technique. A tel point que pour certains concessionnaires, ce créneau pourrait constituer à court terme le noyau dur de leur activité. «Si autrefois, nous proposions en occasion, uniquement des véhicules que nous reprenions de nos clients, aujourd’hui, nous sommes à la recherche d’autres occasions récentes», affirme Mario Bouwens.
Pour Patrick Godart (DifRent), ces différents signes positifs doivent être nuancés : « nous vivons une reprise en dent de scie, avec une demande élevée de véhicules pendant trois semaines, suivies de semaines beaucoup plus calmes ». Denis Regner (Mercedes, Kalsheuer Liège) s’interroge également sur la réalité de la reprise économique. Pour lui, « la demande de véhicules d’occasion demeure sporadique et concerne principalement des véhicules très spécifiques ».
Et il est un fait certain que les prix pratiqués sur les marchés sont actuellement trop instables pour que l’ensemble des transporteurs se « hasarde » dans l’achat de véhicules, qu’ils soient neufs ou d’occasion, même si à l’image de la concession Riskin (DAF), certaines ont déjà pu augmenter les prix des véhicules neufs. Car si autrefois, un transporteur revendait après deux, trois ans un véhicule, c’était en raison des prix élevés pratiqués sur les marchés. Aujourd’hui, les valeurs résiduelles ont atteint un niveau tellement bas que les transporteurs n’hésitent pas à rouler plus longtemps avec leur flotte existante.
La situation reste particulièrement délicate pour les véhicules plus anciens, au kilométrage élevé, dont les valeurs résiduelles ont atteint leur plus bas niveau. Destinés traditionnellement à l’exportation, ces véhicules ne sont plus aussi facilement accueillis à l’étranger; avec dans certains pays, une absence totale de toute commercialisation. En Russie par exemple, la vente de véhicules Euro3 y est devenue quasi impossible. « Les ventes les plus concrètes se situent aujourd’hui au niveau de l’Irak et de l’Amérique du Sud pour des véhicules mécaniquement simples», estime Bert De Geyter (Scania Bruxelles). Néanmoins, comme l’explique Mario Bouwens, «si le marché russe se stabilise au niveau des prix, le volume des occasions à l’exportation va s’intensifier».
Si la demande est actuellement trop incertaine pour influencer les prix, l’évolution du niveau de commercialisation des véhicules d’occasion chez les concessionnaires ne doit pas être sous-estimée. Tout comme celui de la location à court terme, le marché de l’occasion apportera les premiers signes de relance économique du marché des transports. A l’instar de Denis Regner : « la plupart des concessionnaires attendent avec impatience ce que les mois à venir nous réservent et espèrent que ces petits frémissements du marché se concrétiseront rapidement».