Les priorités 2012 de Febetra et Transport & Logistiek Vlaanderen... et les réponses de Melchior Wathelet
Transport & Logistiek Vlaanderen et Febetra ont tenu hier leur traditionnelle réception de nouvel an. Elles en ont profité pour pointer leurs priorités 2012 en présence du nouveau secrétaire d’Etat à la Mobilité Melchior Wathelet qui a annoncé quelques avancées intéressantes sur des dossiers touchent au transport routier. Mais les deux organisations craignent des temps difficiles pour le secteur du transport routier belge.
Par rapport à l’an dernier, on a assisté au grand retour des préoccupations économiques.
Willy Van Loon, le président de la Febetra, a référé aux coûts en constante augmentation (+ 4,5 % en transport national en 2011) et à la pression à la baisse qui s’exerce sur les prix de transport. Pour 2012, les salaires ont été indexés de 3,20 % au 1er janvier et tout indique que le prix du diesel continuera à augmenter. Il a demandé aux transporteurs de ne pas baisser leurs tarifs sous la pression de leurs clients.
Les deux organisations demandent que le gouvernement fédéral s’attaque notamment au coût salarial faramineux du secteur. L’on songe ici par exemple à une diminution du précompte mobilier sur les heures non-productives des chauffeurs.
Réponse de Melchior Wathelet : « Je sensibiliserai la Ministre de l’Emploi aux spécificités du secteur du transport, où le poste ‘salaires’ représente parfois la moitié du prix de revient. »
Taxe kilométrique
Ce sujet a déjà largement été régionalisé, puisque la Région Flamande est déjà compétente pour la perception de la taxe de circulation et de l’actuelle Eurovignette (la Région Wallonne le sera normalement à partir du 1er janvier 2013). Il faut toutefois s’assurer que l’application de cette taxe kilométrique (et notamment le calcul de cette taxe en fonction du principe de l’internalisation des coûts externes) se fera en gardant à l’esprit l’importance de la logistique et du transport pour l’économie belge. Rudy Maes (TLV) a exigé que l’Europe introduise également l’internalisation des coûts externes pour les autres modes de transport.
Réponse de Melchior Wathelet : « Ma compétence se limite à faire travailler les régions ensemble, mais ce sont elles qui doivent fixer les tarifs. Je veillerai à ce que cela se fasse dans la meilleure cohérence possible. »
Taxation de l’énergie
Dans le projet actuel de révision de la directive ‘taxation de l’énergie’, il n’y a plus de trace d’un diesel professionnel qui permet aux entreprises belges de garder un peu la tête hors de l’eau. Febetra et TLV demandent donc au gouvernement de tout faire pour maintenir le principe du diesel professionnel, parce qu’il n’existe pas de carburant alternatif qui pourrait être utilisé à grande échelle.
Réponse de Melchior Wathelet : « Je sensibiliserai mon collègue Ministre des Finances à ce thème, en insistant sur l’absence de carburants alternatifs à grande échelle. »
Interdictions de dépasser
Pourquoi la Belgique est-elle le seul pays où on place des signaux d’interdiction lorsque le dépassement des poids lourds est autorisé ? Cela rend la réglementation belge particulièrement difficile à comprendre pour les chauffeurs étrangers. Les fédérations demandent donc une simplification de la réglementation.
Réponse de Melchior Wathelet : « Nous devons évoluer vers une réglementation plus cohérente par rapport aux pays voisins. »
Stationnement en zone urbaine
Il est aberrant que les poids lourds ne puissent stationner plus de 8 heures en zone urbaine, alors que la réglementation européenne les oblige à prendre un repos d’onze heures. Les chauffeurs doivent donc souvent choisir entre la peste (une forte amende) ou le choléra (le non respect des heures de conduite et de repos).
Réponse de Melchior Wathelet : « Faudrait-il allonger cette durée de stationnement maximale à 11 heures, voire 12 ? C’est difficile à dire. Mais nous devons ici aussi viser une meilleure cohérence. »
Concurrence des véhicules agricoles
Le sujet est sur la table depuis deux ans, mais la concurrence déloyale des véhicules agricoles progresse encore. Ces tracteurs sont utilisés pour des travaux routiers, mais continuent à bénéficier d’avantages tels que le diesel rouge, pas de temps de conduite et de repos, pas de contrôle technique périodique, pas d’eurovignette etc… En 2011, une solution a été développée en collaboration avec le SPF Mobilité et Transports et le secteur agricole. Le secteur du transport routier demande au Secrétaire d’État pour que cette proposition soit traduite en textes légaux aussi vite que possible.
Réponse de Melchior Wathelet : « Le secteur agricole est également demandeur d’une situation plus claire. La solution pourrait peut-être venir de plaques d’immatriculations spécifiques pour les tracteurs agricoles, ce qui les rendrait plus facilement identifiables. »
Ecocombis
La demande existe depuis de nombreuses années, mais c’est cette fois officiel : la Belgique autorise la circulation des eco-combis. Melchior Wathelet a signé un texte en ce sens ne 18 janvier. Aux régions d’organiser les tests-pilotes désormais.
Contrôle technique
Par rapport à l’an dernier, ce dossier a un peu avancé : des tests de contrôle technique vont avoir lieu en dehors des centres agréés. Le secteur du transport voudrait parvenir à une flexibilité maximale dans ce domaine.
Les sujets absents
A côté de toutes ces priorités, qui représentent les principaux thèmes sur lesquels Febetra et TLV s’accordent, d’autres thèmes n’ont pas été abordés. On songe notamment à la régionalisation du code de la route ou du transport exceptionnel à laquelle la Febetra s’oppose fermement, mais aussi à l’abaissement du taux d’alcoolémie pour les chauffeurs professionnels. Du côté de TLV, on n’a pas non plus abordé la question du cabotage et du manque de contrôle sur les conditions dans lesquelles il est pratiqué.