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Le verre à moitié vide (ou à moitié plein)

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Semaine après semaine, les informations en provenance de la sphère financière aggravent les perspectives de la zone Euro. C’est donc généralement avec une certaine appréhension que j’interroge les transporteurs sur leurs perspectives 2012. Et particulièrement ceux qui transportent des matières premières. Partant du principe que ce qu’ils transportent aujourd’hui deviendra les produits finis de demain, toute chute brutale de ce côté annoncerait une baisse des volumes de transport de produits manufacturés dans quelques semaines ou quelques mois.

En ce début janvier, les perspectives du transport de matières premières restent floues. Suivant les secteurs d’activité, les transporteurs tablent soit sur une stagnation, soit sur une légère baisse d’activité. Si l’on veut voir le verre à moitié vide, cela signifie que la progression des volumes est terminée, voire qu’une crise s’annonce. Considérer le verre à moitié plein revient à se réjouir que nous ne verrons pas les volumes de transport plonger de plus de 20 % comme ils l’ont fait en 2009. Mais tout le monde s’accorde sur l’extrême volatilité attendue dans les prochains mois. Et personne ne se prononce au-delà de juin 2012.

Cette volatilité a par ailleurs marqué le troisième trimestre. Combien de transporteurs n’ont-ils pas été agréablement surpris de leur excellent niveau d’activité en octobre ? Il y a donc eu, et il y aura encore des gagnants et des perdants. La crise, si elle survient, ne touchera pas tout le monde de la même manière, ni au même moment. Il faut donc compter une fois de plus sur ses fondamentaux pour s’en sortir : rigueur absolue dans la maîtrise des coûts et gestion de la trésorerie en tête.

Y aura-t-il des victimes dans les rangs des transporteurs belges ? Certainement. Il n’y a jamais eu autant de faillites et de cessions forcées au sein du Top 400 que lors des six derniers mois. Ce n’est que logique. L’analyse financière du transport que nous publions sur ce site montre à nouveau à quel point les fonds propres sont sortis affaiblis de deux ans de crise. Il y a encore beaucoup d’oiseaux pour le chat qui ont mangé leurs maigres réserves en 2009 et 2010. Je leur souhaite individuellement de passer le cap, mais collectivement, toute défaillance d’entreprise contribue à éviter la surcapacité de transport et donc à assainir le secteur.


09/01/2012  |  Claude Yvens
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