Jean-Charles Fromage (STEF TFE) : « Les délais de paiement ne sont pas négociables »
Nous avons rencontré Jean-Charles Fromage, directeur général délégué de STEF-TFE, en marge de l’inauguration du nouveau site logistique du groupe français à Madrid. En pur gestionnaire, il se montre très flexible par rapport aux demandes de ses clients, mais intraitable sur les conditions de paiement.
Avec 4000 véhicules (flotte propre et sous-traitée) sur les routes, STEF-TFE fait partie des plus grands parcs roulants d’Europe, et même des leaders absolus en transport sous température contrôlée. Le groupe s’est engagé dans une démarche volontariste de réductions des émissions de CO2 (-4,75 % en 2009/2010), mais croit beaucoup plus aux mesures touchant le parc roulant qu’à un recours au transport combiné pour réduire son impact environnemental, comme l’explique Jean-Charles Fromage : « Les contraintes techniques du chemin de fer ne permettent pas de transformer la volonté politique en réalité. D’une part, le train n’est pas vraiment fait pour les marchandises périssables. Et pour obtenir un sillon, il faut de 6 à 18 mois. Vous me voyez demander à un client d’attendre aussi longtemps ? »
Clause gasoil
Cette flexibilité par rapport aux demandes du client a pourtant ses limites. « Je veux bien discuter de la flexibilité d’un service, m’adapter aux besoins du client. C’est notre métier qui veut cela. On peut discuter aussi du prix à payer pour ce service. Mais il y a un aspect qui n’est pas discutable, ce sont les conditions de paiement. Lorsque je suis arrivé dans le groupe, les délais de paiement moyens étaient de 80 jours. Je les ai fait ramener à 40. »
Au niveau du groupe, la ‘surtaxe énergie’ représentait 1,3 % du chiffre d’affaires en 2009, et 2,2 % en 2010. C’est dire si la refacturation aux clients des surcoûts liés à la hausse des produits pétroliers n’est pas anecdotique. Jean-Charles Fromage remarque à ce sujet une nette différence de comportement entre transporteurs belges, espagnols, français et néerlandais. « En France, nous avons la clause gasoil obligatoire, que nous appliquions de toutes façons déjà intégralement. Mais je suis surpris de voir des transporteurs ne pas l’appliquer pour ne pas perdre un client. L’Espagne connaît aussi un système similaire, avec une clause calculée par un organisme indépendant. Mais aux Pays-Bas, aucun client ne s’offusque de payer à 30 jours et de recevoir parfois une facture par semaine. »
Et en Belgique ? « Nous appliquons strictement une clause gasoil. C’est impossible de ne pas le faire ; et c’est valable pour les grands transporteurs comme pour les petits, une simple question de respect du travail accompli. »