La tension monte entre les syndicats et les ‘patrons’ du transport routier. S’il faut y voir une montée classique d’adrénaline à mesure qu’approchent les prochaines élections sociales de 2012, certains cas individuels relèvent plus de l’acharnement pur et simple.
Qu’on me comprenne bien : il y a des cas où la colère des syndicats est entièrement justifiée. Un transporteur qui donne à ses chauffeurs des missions incompatibles avec le règlement sur les temps de conduite, ne leur laissant implicitement d’autre solution que la fraude à l’aimant sur le tachygraphe, c’est un fraudeur. Si en plus il fait payer les amendes au chauffeur, c’est un voyou.
Un autre cas a fait la ‘une’ de l’actualité chez nos voisins du nord : le ‘cas Nico Mooij’. Comme nous l’expliquons en pages intérieures, le recours sur des véhicules belges à des chauffeurs de l’est par le biais d’une société d’intérim, disons, polonaise serait aussi illégal et devrait être combattu avec la dernière énergie, car il fausse les conditions de concurrence.
Mais de là à monter tous les chauffeurs contre leur employeur, pourtant soucieux de leurs conditions de travail et de la régularité des opérations, afin de revoir chaque contrat de travail de fond en comble et de recalculer tous les salaires trois ans en arrière, il y a une marge. Certains commencent pourtant à jeter le bébé avec l’eau du bain.
Le secteur manque de chauffeurs, certes, mais il ne se portera pas mieux s’il vient à manquer d’entrepreneurs.