Dossier ordinateurs de bord : sollicitez-les… et intégrez
Les premiers ordinateurs de bord ne possédaient qu’un nombre limité de fonctions (contrôle du kilométrage, des temps de conduite et de repos) et une forme limitée de communication. Depuis lors, l’ordinateur de bord est devenu un outil puissant avec une grande quantité de données intéressantes et des applications très variées : de l’administration des salaires au suivi des véhicules.
Mais plus important encore que l’ordinateur de bord en tant que tel, il y a l’appareillage périphérique, le traitement des données et ce que l’on en fait.
Les fonctions de base
Avant d’acheter un ordinateur de bord, l’entreprise doit d’abord se poser quelques questions. Comment se déroulent les flux d’information ? Sur quoi veut-on obtenir des informations ? Quelles sont les étapes entre les commandes et la facturation ? Sur base de ces données, on détermine dans quel type d’ordinateur de bord on compte investir et quels connexions et programmes de traitement complémentaires sont nécessaires. Si un ordinateur de bord n’est utilisé que pour les fonctions de base, sa valeur ajoutée est limitée et le retour sur investissement est plus long. Dans la mesure où l’ordinateur de bord évolue sans cesse, il peut aussi être intéressant de d’ores et déjà tenir compte de certains développements futurs. Les fonctions de base d’un ordinateur de bord sont l’enregistrement du temps (de conduite, de repos, de travail), la gestion de commandes (réception des commandes, confirmation de l’exécution, etc.), la communication (GSM, messages, voice mail, téléphone mains libres), la navigation, le positionnement et le suivi des véhicules. Avec ces fonctions de base, il est déjà possible de gérer l’administration des salaires, le suivi des chauffeurs et des véhicules, mais aussi de réduire les coûts par une meilleure communication, par le suivi de la consommation et du style de conduite des chauffeurs ou un entretien plus efficace. Mais l’ordinateur de bord permet aussi d’optimaliser les tournées et de faire face plus rapidement aux situations inattendues. Outre l’ordinateur de bord lié au véhicule (toujours le plus répandu), l’ordinateur de bord lié au chauffeur gagne du terrain. Les chauffeurs veulent conserver leurs propres données ainsi que leur communication. De plus, le contrôle des heures est plus important depuis l’introduction de la semaine de 48 heures et des temps de conduite, de repos et de travail plus stricts.
Extension des fonctions
Grâce à des connexions ciblées, les ordinateurs de bord mettent de très nombreuses données à disposition du planning, de l’administration, du gestionnaire de flotte et du coach du chauffeur. Quelques exemples : un scanner, une imprimante, un capteur de température ou des capteurs de sécurité (antivol), des caméras (angle mort et/ou caméra de recul), un lecteur de DVD ou le tachygraphe digital. Le tout est de savoir si l’entreprise a vraiment besoin de toutes ces données et de tous ces périphériques, qui ont tous leur coût. Parlant du prix, il faut distinguer trois facteurs : - Les coûts uniques par véhicule : ordinateur de bord et matériel de fixation, avec éventuellement interface CAN-bus, connexion avec le tachygraphe digital, interface vers les capteurs et le système de navigation ; - Les coûts uniques par projet : adaptation des logiciels, implémentation de la connexion avec d’autres logiciels, achat du serveur, infrastructure au bureau, adaptation du reporting, project management, coûts de formation (chauffeurs, planificateurs, administration, management) ; - Coûts annuels : actualisation et entretien du logiciel, système back-up, actualisation du système de navigation, abonnements communication et abonnement lignes IT au siège. Un serveur au siège coûtera environ 5000 EUR (montants plus élevés pour les flottes de 50 véhicules et plus). Les ordinateurs de bord coûtent entre 900 et 2300 EUR pièce et 500 EUR pour l’installation dans le véhicule. Des raccords spécifiques, comme une interface CAN-bus coûtent aux alentours de 400 EUR. Pour l’implémentation du système et l’accompagnement du projet, il faut encore compter 10.000 à 40.000 EUR dans une grande entreprise. Côté abonnements, les coûts sont compris entre 100 et 200 EUR par an pour la navigation et 6 à 10 EUR par mois pour le GPRS. Les prix peuvent encore grimper avec des connexions et des systèmes supplémentaires et, par exemple, un contrat d’assistance rapide en cas de panne.
L’ordinateur de bord dans la pratique
Nous sommes allés rendre visite au vainqueur du Truck ICT Award 2011, la société Gilbert De Clercq pour un cas pratique. Tous les véhicules moteurs sont ici équipés d’un ordinateur de bord Transics Quattro+, comprenant les options GPS, navigation, connexion CAN-bus, synchronisation avec le tachygraphe digital, lecteur de cartes techygraphe et téléchargement de la mémoire dudit tachygraphe. Toute la communication avec les véhicules propres s’effectue via GPRS/DATA. Les données des ordinateurs de bord et de l’Ubidata DarkBlueBox (pour le suivi des véhicules tractés) sont transmises vers le logiciel TMWSuite (Transport Management System) pour y actualiser/visualiser les statuts, positions et échanges de messages. Le système TMS/TSS est utilisé lors du calcul des salaires et de l’analyse des données du véhicule qui sont réceptionnées via l’OBU ou la connexion CAN-Bus. Les résultats sont un gain de temps considérable, grâce à l’intégration en temps réel des activités opérationnelles (position, (dé)chargement) dans le système back-office, à la suppression des encodages doubles (puisque les différentes applications sont interfacées), le transfert sans fil des données (tachygraphe digital, données Thermo King, contacts des portes), aperçu immédiat de qui tracte quelle semi, planning proactif des entretiens, suivi pour l’adaptation du planning, résolution proactive des problèmes et lecture/mention automatique des missions de transport. Chez Snel Logistics Solutions, le CarCube n’est pas seulement utilisé pour l’administration des salaires. Les ordinateurs de bord sont aussi exploités pour analyser le style de conduite des chauffeurs et leur donner, via l’ordinateur de bord, des conseils pour rouler de façon plus économique. Ceci débouche sur une consommation de carburant inférieure de 5 à 7 %. « Grâce à l’intégration poussée avec notre système de planification des tournées et le TMS, l’ordinateur de bord veille à ce que nous puissions travailler avec un seul environnement d’automatisation à partir du moment où la liaison est établie avec le client et jusqu’à la facturation », déclare Snel. Verbessem atteint aussi un niveau élevé d’efficacité à l’aide d’une automatisation poussée et complète. Un exemple : l’intégration des ordinateurs de bord CarCube avec le système NaviTrans ERP. « Ceci présente notamment l’avantage que nos planificateurs envoient directement les missions à partir du tableau électronique de NaviTrans vers les ordinateurs de bord du véhicule », explique Verbessem. « Et l’information qui revient des CarCube est directement mise à jour dans le système ERP. »
Quelques nouveautés
• Transics propose désormais le TX-Eco, une solution favorisant le comportement de conduite écologique et donc économique et la plate-forme de services web TX-Tango, une intégration conviviale et rapide entre le système de gestion de flotte et les packages partenaires. • Qualcomm base tous ses services back-office sur le web. De cette manière, les tracasseries IT sont écartées de la société de transport qui doit moins se soucier du logiciel. En outre, Qualcomm lance la nouvelle génération d’ordinateurs de bord MCP200. • Avec le CarrierWeb Mobile, on dispose des fonctionnalités étendues d’un ordinateur de bord, mais aussi de la possibilité de scanner les codes à barres ou de faire signer le client pour réception. L’appareil comprend en outre une caméra haute résolution et un lecteur par empreinte digitale. • Nouveau chez Trimble : un déchargement à distance des donnes du tachygraphe pour l’ordinateur de bord CarCube et la visualisation de l’info sur les embouteillages et les travaux routiers sur la carte de l’outil de planification FleetCockpit. Le CarCube est aussi complété par un module GSM et une combinaison avec caméra anti-angle mort et/ou de recul. • Masternaut utilise aussi Internet en tant que centre de communication pour le module MCU. Une nouveauté : le Remote Download qui permet de lire à distance les données du tachygraphe digital et de la carte chauffeur. • TomTom a intégré ses applications pour le secteur professionnel dans TomTom Business et propose, outre l’ordinateur de bord, des systèmes back-up TomTom Webfleet et Worksmart.
Les 'plus' de www.truck-business.com
(en PDF en annexe) Un tableau comparatif des ordinateurs de bord sur le marché belge avec des solutions de CarrierWeb, Transics, GreenCat, TomTom Business, Trimble, Masternaut et Qualcomm.