Les chiffres d’Educam montrent que le nombre d’entreprises dans ce secteur est à la baisse depuis 2001. Le nombre de collaborateurs a également chuté tandis que le nombre d’ouvriers par société a légèrement augmenté. Le secteur représente néanmoins toujours 5.000 entreprises en Belgique.
L’élément le plus important dans la construction de son propre département carrosserie est, pour un concessionnaire ou un garage indépendant, le souhait du client pour le one-stop-shopping. Cela implique que ces ateliers ne soient pas seulement en mesure d’effectuer l’entretien régulier aux poids lourds et véhicules tractés mais aussi d’offrir un service spécialisé tel que la réparation, l’équilibrage de véhicules tractés, la réparation de carrosseries voire même le montage de superstructures.
Certaines marques en font même un objectif. C’est ainsi que tous les concessionnaires de Volvo Nebim proposent un ‘service trailer’ complet, y compris la réparation de la superstructure. Le client peut s’adresser aux ateliers de Spillier-Decock pour des réparations tant au châssis qu’à la superstructure. Autre exemple : Volvo Truck Center Bruxelles, qui dispose de la place nécessaire dans son vaste atelier pour la réparation de poids lourds et de véhicules tractés, et d’un espace pour le montage de carrosseries sur le châssis. Jean-Pierre Braillard de VTC : « Nous voulons être considérés comme une référence et dans cette perspective, tous nos services doivent être aussi complets que possible. »
Une matière complexe
La réparation de carrosseries concerne différents éléments : la cabine et la superstructure d’un poids lourds ou encore la carrosserie du véhicule tracté. La carrosserie est devenue un puzzle de divers matériaux impliquant de nouvelles techniques d’assemblage et méthodes de traitement. Il est même parfois difficile de déterminer les matériaux utilisés et la manière dont ils doivent être réparés ou traités. Certaines variantes de superstructures comme celle des véhicules citernes, des transporteurs de voitures, des bennes et des mixers à béton pour n’en citer que quelques-unes nécessitent une connaissance encore plus spécialisée des matériaux et des méthodes de réparation. Autre point : l’évolution des techniques afin de réduire les coûts de réparation. A ce niveau, il n’est pas toujours facile de trouver du personnel correctement formé et une formation continue est un must.
Montage de carrosseries
Toujours dans le cadre du full-service, certains ateliers proposent de placer une carrosserie sur le châssis-cabine. Ceci vaut essentiellement pour les carrosseries simples comme les plateaux et les caisses fermées qui sont généralement proposés par les spécialistes sous forme de kits. Les grandes superstructures et les variantes plus spécialisées restent l’apanage des véritables carrossiers. Notre pays compte quelques fournisseurs réputés de carrosseries ‘prêtes à l’emploi’ qui peuvent être montées par à peu près tous les ateliers. Ne pensons qu’à Aluvan (tous types de carrosseries fermées) et à JDK (carrosseries isothermes). A nouveau, le client bénéficie de l’avantage de ne devoir traiter qu’avec un seul interlocuteur auquel il peut aussi s’adresser pour les réparations et les entretiens puisque l’atelier a lui-même placé la superstructure et dispose donc de la connaissance du produit.
Equipement onéreux
Les autorisations environnementales (bruit et autres nuisances), l’équipement onéreux et le personnel de qualité constituent les grands obstacles pour créer sa propre carrosserie. Pour le travail de carrosserie, de nombreux équipements spécialisés sont nécessaires, du matériel de débosselage aux appareils de soudure en passant par les produits de ponçage. L’équipement de redressage constitue l’élément le plus cher, surtout dans le cas de poids lourds, cabines et semi-remorques. Ici non plus, tout le monde n’est pas en mesure de proposer un service complet (mais bien une réparation sans redressage) et les opérations de redressage sont confiées aux quelques sociétés spécialisées. C’est aussi souvent le cas lorsque les dégâts s’étendent aux composants comme les hayons, le groupe frigorifique, les installations hydrauliques ou les pompes. Pour cela, il faut souvent faire appel aux départements de réparation spécialisés des constructeurs de ces produits. L’importance de l’équipement dépend du nombre de sinistres et réparations attendues.
Refreshment
Les vieux véhicules affichent souvent une valeur résiduelle élevée et peuvent être en bon état technique, mais une utilisation intensive peut les avoir un peu défraîchis. Il peut alors valoir la peine de les remettre totalement en état. Pour un investissement de 10 à 12 % de la valeur d’achat originale, on obtient alors un véhicule totalement restauré capable de rendre de bons services pendant plusieurs années encore. Ceci est surtout valable pour la superstructure des véhicules tractés où la partie carrosserie constitue l’élément principal de l’opération. Si, dans le cas des véhicules moteurs, la chaîne cinématique doit aussi être révisée, les coûts peuvent par contre monter très vite.