L’épisode neigeux de décembre nous en a encore donné l’amère illustration : le transport routier se vend mal… en dehors de ses propres clients. Les interdictions de circuler décidées sans concertation par la Région Wallonne (qui pourrait décidément s’aligner sur le plan d’action hivernal en vigueur en Flandre), l’anarchie totale dans la manière de les communiquer (aux Pays-Bas, il y a un portique d’information entre toutes les sorties d’autoroute…) et l’entêtement de quelques cow-boys ont à nouveau largement dégradé l’image du transport. Il aura fallu qu’un agriculteur se plaigne de ce que son lait n’était plus récolté, ou qu’un couple de retraités se retrouve privé de mazout à l’approche de Noël devant les caméras, pour que la population découvre par défaut à quoi servent donc tous ces camions qui créent des bouchons, polluent, font du bruit et défoncent le réseau routier. Si tous les interlocuteurs habituels des medias généralistes s’étaient par avance excusés de ne pas pouvoir rendre à la population le service qu’elle mérite, peut-être l’image du secteur s’en serait-elle trouvée renforcée ? Tout est question de point de vue. J’ai eu le privilège d’être invité par La Première à parler du transport routier un de ces derniers samedis, une heure durant. J’ai été confronté à un micro-trottoir où toutes les tares supposées du transport ressortaient clairement, heureusement modérée par un animateur qui avait bien préparé son sujet. Quand il s’est agi de parler des dégâts causés par les poids lourds au réseau routier, je me suis juste permis de dire qu‘avec un trafic similaire et des charges à l’essieu identiques, les réseaux de nos voisins souffraient à l’évidence moins que le réseau belge. Dans les minutes qui ont suivi l’émission, et dans les mails que j’ai reçus par la suite, ce n’étaient que commentaires acerbes sur les budgets minables alloués au réseau routier en Belgique, aux cahiers des charges trop légers ou pas respectés pour les chantiers routiers, voire à la corruption. Et si on changeait parfois de point de vue ? Et si, au lieu de s’apitoyer sur le sort d’un chauffeur moldave qui passe son week-end sur les parkings de nos autoroutes, un reportage télévisé suivait un chauffeur formé, suivi et poussé à l’excellence chez l’un de nos lauréats des Transport & Logistics Awards, chez Snel (Transporteur de l’Année) ou DD Trans (vainqueur du HR Project of the Year) par exemple ?