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Bart Dobbels : "Turbotrucks, une marque qui s’imposera d’elle-même."

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Turbo’s Hoet a fait l’actualité fin octobre en rebaptisant tous ses concessionnaires poids lourds du nom de Turbotrucks. Une opération transfrontalière qui cache d’autres évolutions fondamentales au sein de la division ‘trucks and trailers’ du groupe Turbo’s Hoet, comme nous l’expliquent Bart Dobbels et Piet Wauters.

Si Turbo’s Hoet est devenu avec le temps le principal partenaire privé de DAF Trucks en Europe (plus de 3000 ventes par an… et une présence dans 5 pays) et un important partenaire pour Iveco en Belgique, c’est en grande partie grâce à des reprises de garages existants. Mais d’ici peu de temps, Turbotrucks aura remplacé des noms bien connus comme Universal Trucks ou Spillier-Decock.

Un seul visage, un seul esprit

Il était temps d’unifier toutes ces activités sous une seule bannière, comme l’explique le Directeur Général Bart Dobbels : « D’une part, nous voulions former un seul groupe de concessionnaires, avec un seul nom et une uniformité de service vis-à-vis du client. Mais d’autre part, il s’agissait aussi de créer un esprit d’entreprise au sein du personnel. C’est pour cette raison que le développement de la marque Turbotrucks sera progressif. Nous voulons laisser le personnel s’approprier le nom et l’esprit de Turbotrucks, et cela concerne 450 personnes en Belgique et en France ! Le nom de l’entreprise, les slogans, pour tout cela, nous faisons appel à la créativité du personnel, et ça marche. » Dobbels insiste encore sur l’arrivée d’une nouvelle génération de techniciens : « Nous devons aussi faire en sorte que les meilleurs viennent travailler chez nous. »

Pour obtenir un niveau de service uniforme, un groupe de concessionnaires doit aussi s’appuyer sur des outils et des méthodes uniformes. « Au niveau des procédures, c’est déjà le cas, puisque tous les garages sont certifiés ISO. Nous utilisons aussi le même système de gestion, et toute la comptabilité est en train de passer sous SAP. Mais dans les autres domaines, nous en sommes encore au stade de l’inventaire. Ce qui est important, c’est le virage fondamental que nous sommes en train de prendre vers le point de contact unique pour le client, quel que soit le service Turbo’s Hoet dont le client a besoin : véhicules neufs, pièces ou renting. »

Les meilleurs dans le dépannage, aussi en France

Le fait que l’opération porte à la fois sur la Belgique et sur la France offre en tout cas à Turbotrucks une belle opportunité de résoudre un problème récurrent pour les transporteurs belges qui y travaillent : l’efficacité des services d’assistance. A tel point que de nombreux transporteurs belges préfèrent encore investir dans leurs propres véhicules d’intervention…
« Actuellement, nous traitons 85 % des cas dans les six heures en France, mais ce chiffre est supérieur en Belgique, explique encore Dobbels. Nous allons augmenter l’efficacité de ce service, dans le cadre d’un projet-pilote mené avec DAF qui consistera notamment à développer une communication plus proactive avec le client. Mais au bout du compte, c’est une question de mentalité. Il n’est pas question de traiter le client étranger en panne comme une vache à lait. Ni en Belgique, ni en France. Et en dehors de la zone où les concessionnaires Turbotrucks sont installés (tout le nord-ouest de la France, NDLR), nous allons examiner où nos clients ont actuellement des problèmes, et nous faciliterons leurs démarches avec les concessionnaires locaux… sans nous substituer au service ITS de DAF. » la forte dépendance mutuelle de Turbotrucks et de DAF ne préoccupe pas Bart Dobbels : « Nous représentons plutôt une force l’un pour l’autre. La crise a montré la faiblesse des petits concessionnaires. »

De nouveaux investissements

Dans ce contexte, les responsables de Turbotrucks envisagent l’avenir avec un certain optimisme. « Nous vendons un produit qui a une très bonne image, DAF est ambitieux et nous aussi. », assène Bart Dobbels. Un  optimisme que tempère quelque peu l’incertitude qui existe actuellement sur l’évolution du marché belge. « Je ne pense pas qu’il y aura un crash comme en 2009, explique Piet Wauters, CEO de Turbo’s Hoet Group. Et de toutes façons, nous sommes sortis plus malins de la crise de 2009. Au lieu de 820 véhicules de stock, nous n’en avons presque plus, et les constructeurs ont plus rapidement réduit leurs volumes de production. »

De quoi envisager de nouveaux investissements, puisque Turbotrucks construira un nouveau garage au Havre et centralisera ses deux installations actuelles de Roeselare et de Torhout à Gits, à côté du futur siège central de Turbotrucks. Cet investissement est prévu pour 2013.

De la place pour une marque d’utilitaires légers

Le message du CEO Piet Wauters est clair : « Nous devons grandir, mais de manière saine. » La rentabilité obtenue en 2009, ou le fait que les activités de renting (2800 véhicules en portefeuille) tournent avec des fonds propres de 30 % confirment qu’il ne s’agit pas d’un simple slogan. En Belgique, cette croissance ne passera pas nécessairement par la reprise d’autres garages, mais plutôt par l’adjonction d’une autre marque. « Mais nous ne sommes ouverts qu’à une gamme qui viendrait compléter celles que nous distribuons déjà, insiste Wauters. Le must, ce serait d’avoir une marque qui débute à 2,6 tonnes et qui s’arrête où DAF commence, le tout en restant loyaux avec Iveco que nous distribuons en Wallonie. Et rien ne se fera sans que nous n’en parlions à Iveco aussi. » Une chose est claire cependant : ce sera tout ou rien. « Les frais engendrés par le lancement d’une marque ne s’amortissent que sur un grand nombre de garages », explique encore Wauters.

21/02/2012  |  Claude Yvens

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